Si vous sentez le stress, si vous avez l’impression de ne pas arriver à faire tout ce que vous avez besoin de faire au travail comme à la maison, que vous avez la tête sous l’eau, ce n’est pas un mauvais signe. Au contraire, c’est un signal qui vous est envoyé pour procéder à quelques ajustements.

Pourquoi ? Parce que le sentiment de stress et de pression envahissante est le signe que votre dispositif classique de prise en charge de vos sollicitations est en déphasage avec votre nouveau niveau de sollicitations et de responsabilités.

Par exemple, si vos responsabilités managériales ont évolué, que vous êtes appelé à participer à plus de réunions stratégiques, à traiter de dossiers plus délicates, que le nombre d’interlocuteurs d’une certaine dimension a augmenté, que vous êtes appelé à voyager plus que vous ne le faisiez auparavant, il vous sera difficile de répondre à vos engagements sociaux habituels (réunion familiale, babysitting et teensitting, baptême, mariage…). Il y a ce que vous pouvez, il y a ce que vous ne pouvez plus faire. Il faut vous en rendre compte très rapidement et ensuite vous poser les questions suivantes si vous voulez sortir du sentiment de « débordement ».

1) Est-ce que je ne suis pas trop exigeant envers moi-même et n’attends pas trop de moi-même ?

Si vous avez le sentiment d’être débordé, l’une des premières choses à faire, c’est de dresser une liste de vos engagements ; ensuite, vous arrêter et vous demander : « Est-ce que je n’ai pas plus d’engagements que ce que je peux humainement tenir ? ».

Si votre réponse est « oui », il est possible que vous exigiez trop de vous plus que vous ne pouvez. Si vous êtes nommé Vice-Président Marketing d’une multinationale, il est claie que vous ne pouvez plus avoir un emploi du temps de bonne sœur ni de bonne mère de famille. Vous avez l’habitude d’aider vos enfants à faire leurs devoirs de maison, il n’est pas évident que vous allez pouvoir continuer – du moins tous les jours et tous les weekends. Et pas la peine de vous en vouloir si vous n’y arrivez pas. Même si vous avez peur que vos enfants finissent mal, là pour l’instant, vous n’y pouvez rien.

Si par exemple, vous aimez lire tous vos emails avant de partir du bureau et n’aimez pas laissez les dossiers pour le lendemain, c’est une excellente chose. Mais si vous n’y arrivez que lorsque vous receviez 100 emails et que maintenant vous en recevez 400, ne vous en voulez pas si vous n’arrivez pas à traiter tous vos emails avant de rentrer. C’est vrai que vous voulez traiter tous vos emails avant de partir chez vous, mais vous n’en avez pas le temps matériel vu le temps que vous passez dans les réunions de pilotage de projet, les validations de concept, les lancements et les rencontres de partenaires.

Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas dégager du temps… Pour un début et pour sortir de la culpabilité, il faut revoir vos exigences personnelles à votre égard à la baisse. Par principe, la frustration est la déception face aux attentes exagérées – Si vous attendez de vous-même plus que vous ne pouvez et des autres plus qu’ils n’en peuvent, vous allez être très frustré. Et cela ne va faire qu’aggraver votre sentiment de débordement et d’impuissance. Trop exiger de soi est plus destructeur qu’être incapable.

2) Quels sont les ajustements que je dois opérer ?

Un dérèglement est un dérèglement. Cela ne veut pas dire que vous n’allez plus retrouver votre stabilité. C’est juste un appel à opérer quelques ajustements. Pour ce faire, il faut commencer par se dire qu’on n’est plus au même niveau, qu’on n’a plus les mêmes charges, qu’on ne peut plus garder le même rythme ni les mêmes habitudes.

L’une des grosses difficultés lorsqu’il faut trouver l’équilibre dans ce que nous faisons, par exemple arriver à honorer à nos engagements aussi bien au travail qu’à la maison, c’est qu’il faut s’attendre à assister régulièrement à des dérèglements. C’est au moment où nous pensons avoir un peu de stabilité que de nouvelles pressions et tensions viendront nous rappeler que rien n’est jamais acquis. Cela ne sert à rien de résister, il faut juste accepter s’ajuster. Et pour s’ajuster et mettre de l’ordre, quelques questions sont importantes :

  • Qu’est-ce que je dois faire et que je refuse de faire?
  • Qu’est-ce qui n’est pas en place et que je dois mettre en place?
  • Quels aspects de mes relations et de mon système sont défaillants et que je refuse de corriger?
  • Quels sacrifices et dépassement de soi je refuse d’accepter et d’opérer?

L’équilibre et la stabilité ne sont pas possibles sans ajustements, sans optimisation, sans sacrifices et sans dépassement de soi. Il faut être constamment prêt à se challenger pour retrouver un peu de stabilité jusqu’au prochain dérèglement. Quoi qu’il en soit, la meilleure façon de perdre du temps, c’est de sentir de la pression et de refuser d’opérer des ajustements.

3) Est-ce que je connais mes limites et celles des autres?

Parfois nous pouvons tellement exiger de nous-mêmes et des autres que nous oublions que nous sommes des humains. Et c’est cette grande exigence de performance et de perfection à notre propre égard qui nous amène souvent à penser que nous devons être parfait à tous les niveaux alors que nous sommes bien au-delà de nos limites.

Même si vous avez la tête sous l’eau et voulez en sortir, cela ne veut pas dire que vous devez être parfait. Il y a des jours où vous allez carburer grave et obtenir des satisfactions. D’autres seront des jours en demi-teinte. Retenez juste que cela fait partie de la vie et allez vous offrir un bon repos pour revenir en forme le lendemain. Demandez-vous juste : « Est-ce que si je pouvais plus, je n’aurais pas fait plus ? ». Si votre réponse est « oui », tranquillisez-vous, vous avez fait ce que vous aviez à faire.

Quoi qu’il en soit, ne vous accusez pas et ne vous acharnez pas sur les autres. Élaborez un plan et demandez-vous: Comment je peux mieux m’aider et aider les autres? Qu’est-ce que je dois apprendre des pressions qui me pèsent dessus? À quel niveau je dois arrêter de m’accuser et d’accuser les autres éventuellement (si je le fais)? Comment dois-je faire pour me comprendre et comprendre les autres?

La première source de libération c’est la maîtrise claire de ses limites, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut faire, ce qu’on peut contrôler et ce qu’on ne peut contrôler. Ensuite, il faudra élaborer un plan pour tirer le meilleur et s’améliorer autant que possible pour plus de maitrise, d’équilibre et de stabilité, éventuellement.

  1. Est-ce que je ne devrais pas m’upgrader ou demander de l’aide?

Ce qui nous a amené là où nous sommes ne suffit pas pour aller plus loin et ne suffit pas pour y rester. Il faut s’adapter, se réinventer et innover. Aucune méthode, aucun dispositif ayant marché auparavant ne garantit de la réussite avec le temps. Il faut bien accepter les changements et opérer les ajustements.

Lorsque vos enfants avaient 3, 8 et 11 ans, il y a une façon dont vous procédiez. Les voilà qui ont maintenant 7, 12 et 15 ans. Si vous n’optimisez vos techniques de coaching parental, vous allez avoir de la rébellion et de la tension supplémentaire à la maison.

Vous êtes maintenant Directeur Général, les situations que vous avez à gérer maintenant sont plus critiques et le fait d’avoir des réponses ne suffit et il faut plutôt savoir se poser les bonnes questions. Peut-être que c’est le moment de faire appel à un coach pour vous amener à vous poser des questions que vous ne vous posiez que rarement ? Il faudra vraiment y penser pour sortir la tête de l’eau.

Parfois, il faut revoir l’organisation de son travail, de son département (pas forcément augmenter les effectifs) pour s’en sortir. Et comme la délégation est la meilleure méthode de gestion du temps, il faudra accepter passer la main sur certains sujets pour ne plus être au four et au moulin ni se retrouver à sauter de coq à l’âne.

Etre dépassé ne veut pas dire que vous êtes impuissant mais que vous avez besoin de vous renforcer. Demandez de l’aide ne veut pas dire que vous êtes faible. Au contraire, cela veut dire que vous êtes en train de prendre les dispositions pour continuer de performer. C’est mieux que se plaindre d’avoir la tête sous l’eau et de se voir en train de plonger jusqu’à couler complètement sous l’eau.

Vous avez aimé? Partager avec vos proches
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •