Dans un monde fait de volatilité et de disruption parfois intenables, ne réussissent que ceux qui savent se poser constamment les trois questions clés suivantes : 1) Qu’est-ce qui nous échappe ? 3) Et si tout venait à s’arrêter ? 3) De combien de temps disposons-nous avant d’être en danger ?

Poser ces questions semble bien de l’ordre du negatisme, du moins pour ceux qui ne vivent pas les affres du pilotage d’organisation complexes dans des secteurs tendus. Et naturellement on vous dira qu’il ne faut pas penser au pire si vous ne voulez pas subir le pire. Mais, c’est cette certitude et ce manque de dispositions prises pour éviter le pire qui amène plusieurs entreprises ou dirigeants à penser que rien ne leur arrivera et que tout se passera bien. Bien sûr que tout se passera bien surtout si vous savez prendre les dispositions.

L’idée de penser qu’on pourrait bien  échouer et que les choses ne sont pas données ni garanties d’avance est nécessaire pour ne pas s’endormir et continuer de challenger le statu quo.

La paranoïa productive permet de poser les questions à se poser pour ne pas se laisser distraire et créer assez tôt (prendre les dispositions) les conditions pour continuer de produire au lieu de végéter dans un optimisme béat qui crée très rapidement des coups d’arrêts irréversibles.

Pensez au pire et prenez des dispositions

Prendre des dispositions permet de savoir ce qu’on pourrait faire « en cas de cas ». Et surtout, même s’il faut toujours rester positif et penser que tout finira par rentrer dans l’ordre, c’est parce que vous savez que vous allez prendre les dispositions que vous le pensez. Autant prendre les dispositions assez tôt. N’est-ce pas ?

Vous avez reçu un audit il y a 6 mois et des ajustements ont été demandés. Vous avez fourni des preuves mais tout n’a pas été validé. Pourquoi pensez-vous qu’il n’y aura pas prochainement un nouvel audit ?

Vous savez que la législation a changé pour ce qui concerne les relations entre le pays de votre fournisseur principal et votre pays, mais vous n’avez pas anticipé l’impact négatif que cela va avoir sur votre activité et ne prévoyez aucun manque à gagner financier. Pourquoi ne pas y penser ?

Votre banquier a revu ses conditions d’octroi de crédit et vous savez bien que vous tombez dans la catégorie de client dont ils vont peut-être être amenés à diminuer le montant octroyé mais vous continuez de penser que tout ira bien. Pourquoi ne pas y penser et chercher un plan B dès maintenant ?

Le concurrent a lancé une nouvelle technologie qui lui donne une avance de plusieurs versions sur votre solution actuelle. Mais vous vous dites que le marché n’est pas aussi mûr que cela et que les clients continueront de rester chez vous. Et si vous vous trompiez ?

Un client qui fait près de 32% de votre portefeuille est en train de mettre la pression pour baisser les prix sur le contrat de l’année prochaine et menace de ne pas pouvoir reconduire le contrat si ce n’est pas le cas. Vous êtes sur le point de lui dire « OUI » sans vous demander l’impact que cela va avoir sur votre rentabilité. Pourquoi ne pas analyser ?

Il n’y pas plus de tranquillité

Il y a des secteurs stables et à croissance stable. Mais aujourd’hui, il y a un tel niveau de volatilité que vous êtes sous la braise tous les jours. Bien évidemment si vous ne prenez assez de risques et n’êtes pas dans des secteurs volatiles vous allez vivre peut-être comme un long fleuve tranquille.

Mais, la vérité, c’est que même dans les secteurs les stables, plus rien n’est tranquille- tout est volatile. Il y a une question importante que le dirigeant doit se poser s’il ne voit pas que tout est au bord de la rupture chaque jour : 1) Si mes deux premières banques ne peuvent plus garantir mes lignes de crédits les plus importantes, est-ce que nous tiendront 45 jours ? 2) Si pour quelques raisons, ma source d’approvisionnement majeure venait à prendre un coup, est-ce que je trouverai un remplacement fiable en 45 jours et est-ce que je pourrai tenir 90 jours ? 3) Si notre technologie principale venait à devenir désuète du jour au lendemain, est-ce que nous avons une technologie de remplacement assez pertinente pour ne pas être renvoyé du marché ?

Vous avez la possibilité de poser ces questions dès maintenant – si vous ne les avez jamais posées.

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