Devenir directeur général : Les fausses idées reçues à contourner pour y arriver

Devenir Directeur Général
4.9/5 - (8 votes)

C’est peut-être à cause de tout ce qu’on peut penser. Ou avoir comme idée reçue au sujet du fait de pouvoir devenir directeur général. Ce qui fait que la plupart des gens qui peuvent bien le devenir s’excluent d’office. Aussi que les gens qui ne se donnent pas vraiment les chances de le devenir choisissent des méthodes. Ces dernières qui les conduisent à la déperdition, à la frustration ou la résignation pernicieuse.

Mon expérience dans l’accompagnement des hauts cadres vers le poste de directeur général. Et les expériences dont j’ai été témoin me montrent clairement qu’il y a plus d’idées reçues. Commençons ici avec les idées préconçues qui perturbent ou envoient dans le décor la plupart des gens.

  1. « Il y a une voie linéaire vers le poste de directeur général »

Lorsqu’une personne entre dans une organisation ou une entreprise en tant que stagiaire. On va dire qu’il ou elle fait bien son travail et d’excellents résultats. Il est clair qu’il ou elle peut devenir un assistant, un chef de service ou d’unité. Aussi un chef de département, un directeur fonctionnel et la suite logique, c’est qu’elle devienne directrice générale. Alors, si les gens étaient aussi linéaires que cela. Vous imaginez qu’on aurait autant de directeurs généraux qu’autant de gens qui ont eu un emploi pour la première fois.

Et bien, cela ne se passe pas ainsi, et bien que la possibilité existe évidemment les choses n’arrivent pas toujours sans qu’on ne s’assure de créer les conditions pour les rendre possible. Je dirai même que la meilleure façon de ne pas être sûr d’être promu DG. C’est de penser que parce qu’on a un bon parcours, le parcours finira à la tête de l’organisation dans laquelle on a débuté.

Il faut des compétences transversales et parfois multisectorielles pour devenir un excellent directeur général. Certains les acquièrent le long de leur parcours (qui n’est pas linéaire) ; d’autres les acquièrent au poste ou avant le poste (lorsqu’ils ont un parcours linéaire). Mais à vrai dire, avoir des Zig-Zag dans sa carrière garantit plus de chances d’être promu DG et nous le verrons dans ce guide pratique.

Devenir directeur général en Afrique

 

  1. « Il faut avoir de la carrure pour devenir Directeur Général »

Si vous travaillez votre apparence pour vous montrer DGéable, il y a bien des recruteurs. Ou de décideurs qui vont bien évidemment tomber dans votre piège. La dernière fois, j’ai entendu un membre d’un conseil d’administration dire qu’un directeur technique que je savais très compétent. Et prêt à apprendre n’allait pas pouvoir devenir directeur général parce qu’il serait trop mince.

J’avoue qu’au sein de leurs entreprises, ils ont tendance à nommer des gens qui ont une certaine corpulence ou auraient de la carrure. Mais la carrure n’a rien à avoir avec la capacité à performer ; d’autant plus que le job de directeur général n’est pas un combat de MMA ou de lutte Japonaise. La carrure peut rassurer les partenaires et permettre à vos équipes de vous craindre. Mais cela ne va pas vous rendre plus fin du point de vue stratégique ni plus intelligent et efficace du point de vue opérationnel.

La carrure est déterminante pour induire certainement recruteurs ou décideurs en erreurs surtout si vous vous montrez éloquent. Ensuite qu’ils savent tomber dans ce « piège francophone » mais cela ne garantit que peu de chances de réussite.

 

  1. « Les directeurs généraux sont ceux qui ont démontré de bons résultats »

Oui, il est clair que lorsque vous produisez régulièrement du résultat. Ainsi l’on verra rapidement en vous la prochaine personne qui va être à la tête d’une organisation. Mais il y a quelques précisions importantes :

  • Vous avez démontré régulièrement d’excellentes capacités commerciales ou de management financier et avec des performances à l’appui ; vous allez être nommé certainement si l’on a besoin d’un profil commercial ou financier mais cela ne garantit pas que vous allez réussir en tant que directeur général ;
  • Les meilleurs directeurs généraux ne sont pas bons dans un domaine ; ils sont ceux qui savent apprendre à être bons ou à maîtriser les autres domaines déterminants pour piloter les autres domaines ; et je précise qu’il ne s’agit pas d’avoir des connaissances ou des notions ; il faut avoir de la maîtrise ;
  • Si vous avez toujours excellé en tant que Directeur fonctionnel ou membre du CODIR. Et que le poste de Direction Générale met du temps à frapper à votre porte, c’est une bonne nouvelle parce que cela ne suffit pas ;
  • Vous pouvez choisir d’accepter un poste de directeur général dans une petite boîte face à des gens qui ne font pas réussir leur casting ; ce qui est une opportunité mais vous devez rapidement arrêter d’être seulement bon dans votre domaine ;
  • En effet, les seuls résultats qui vous garantiront de devenir rapidement DG, ce sont les résultats issus d’une bonne coordination transversale. C’est-à-dire que vous avez montré que vous pouvez coordonner plusieurs fonctions pour réaliser des projets ou aider votre organisation à atteindre des caps significatifs ;
  • La mauvaise nouvelle, c’est que dans la plupart des organisations où l’on se trompe sur les bons profils, les gens démontrant d’une bonne excellence transversale ne sont pas en général promus DG ; c’est peut-être pour cela que la plupart des DG échouent.
  1. « On vous nommera si vous avez de bonnes relations avec vos dirigeants »

Bien évidemment que le fils ou la fille d’un PDG fondateur qui a de bonnes relations avec son père ou sa mère propriétaire a de bonnes chances d’être promue directeur général. On mentirait si on dit qu’être née sous la bonne étoile n’aide pas à devenir rapidement directeur général. Maintenant puisque la plupart des gens ne sont pas nés de parents dirigeants qui ne voient que leur succession dans leur progéniture, on a la possibilité de créer les liens et de les animer pour être le préféré de ceux qui nomment – ceci dit, cela ne garantit rien.

Pour avoir fréquenté beaucoup de dirigeants « bamilékés » camerounais. On peut dire qu’ils ne font presque confiance à personne à part leurs progénitures. Dans ce cas de figure et pour caricature, les bons rapports ne suffiront pas sans lien de sang. Dans d’autres cas de figure, les bons rapports ne suffiront pas si vous n’êtes pas l’homme ou la femme de la situation. À moins que vous ayez réussi à « envoûter » ceux qui nomment ou influencent les nominations. Mais, doit-on le dire ? Cela facilite l’accession sans garantir la qualité des réalisations ou encore la durée au poste.

  1. « Il faut avoir un MBA pour démontrer sa capacité à devenir un DG »

A quoi sert vraiment un MBA ? Il y a plus de 100.000 titulaires de MBA au Sénégal. Il n’y a aucune chance que plus de 95% parmi eux deviennent des DG. La question, c’est de savoir si ce n’est pas parce qu’ils n’ont que des MBA locaux. Parce que les statistiques montrent plus que la plupart des DG ont suivi le cursus MBA après être devenus DG ou tout simplement ont eu des MBA locaux.

Dira-t-on donc qu’avoir un EXECUTIVE MBA de Montréal, HEC PARIS de l’ESSEC. Ou du CESAG ou encore de ISM ou IAM Dakar ne garantit pas de devenir DG ? Je dirai même qu’il n’y a aucune garantie. À moins qu’on ait besoin de préciser que cela ne suffit pas et que dans une certaine mesure ce n’est pas nécessaire. Parce qu’il y a peu d’organisations qui ont pour critère qualifiant au poste de DG le fait d’être titulaire d’un EXECUTIVE MBA.

Est-ce que cela veut dire que le fait d’avoir ces diplômes ne joue pas ? Bien sûr que cela joue. C’est d’ailleurs très trompeur parce qu’au fond le diplôme reste une présomption de compétences. Je connais un grand nombre de directeurs généraux qui ont des EXECUTIVE MBA. Ces derniers n’arrivent pas à atteindre les objectifs fixés par leur conseil d’administration. Si bien que beaucoup d’administrateurs ou Responsables RH de haut niveau (très avertis) ne considéreront pas cela comme un critère déterminant.

  1. « Il faut faire partie de certains réseaux pour devenir directeur général »

Le fameux passage ou la fameuse astuce du comptage. Oui, il y a des ligues qui promeuvent exclusivement les membres de leur ligue comme directeurs généraux. Et jouent de leurs atouts pour s’assurer que leurs membres soient directeurs généraux. Non seulement, c’est bon pour l’ascension et la valorisation du réseau mais c’est bon pour le business. Donc effectivement, si vous faites partie d’un réseau qui a la possibilité de propulser les gens comme directeurs généraux, vous allez devenir directeur général.

Devenir directeur général

 

La question, c’est de savoir quel directeur général vous voulez devenir et comment vous voulez finir. Parce qu’en réalité, si vous n’avez pas de valeur intrinsèque, aucun membre de votre réseau n’osera porter votre candidature ni donner sa tête à couper pour vous. Et si vous n’avez pas du résultat concret une fois nommé, les membres de votre réseau vont vous lâcher. A vous de savoir ce que vous privilégiez en premier lieu entre « renforcer vos compétences et votre qualification » ou « militer activement dans un réseau ».

On connaît beaucoup de gens qui ont intégré des réseaux pour devenir directeur général et qui attendent toujours parce qu’ils ne sont bons pour rien ou qu’on n’a rien pour eux. Peut-être que cela viendra surtout que lorsqu’il faut rêver de devenir DG, il faut vraiment de la patience.

Par Hermann H. CAKPO

Laisser un Commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

4.9/5 - (8 votes)

A propos de H&C PUBLISHING

Que ce soit à travers nos 90 livres, guides pratiques et ebooks, nos quatre (4) magazines (Impulsion des PME, MonSuccès, Vendeur d’Elite ou encore Le Catalyseur de Performance, nos contenus digitaux avec les appliMobiles H&CMAG, HCBOOK & BOOK4FRENCH, NOUS VOUS APPORTONS LE MEILLEUR DE L’iNFO-PERFORMANCE


NOUS CONTACTER

TELEPHONE


[class^="wpforms-"]
[class^="wpforms-"]