Durant mon enfance, j’avais l’idée de devenir une meilleure personne, une plus grande personne, être fier de moi.

C’était un but noble, un but sain, un but joyeux, un but divin, un but naturel ! Mais ce but naturel est devenu autre, car sans m’en rendre compte, j’ai imité les adultes qui étaient déjà conditionnés à se comparer avec les autres tout en ayant l’habitude de porter des jugements pour être à la hauteur, meilleurs, supérieurs.

Et je suis devenu comme eux !

Voilà la plus grande erreur de ma vie, car le jugement produisait un sentiment détestable de culpabilité chez les autres. En vérité, la culpabilité divisait mes relations en créant des malaises aux gens et en causant de nombreux conflits. Comment pouvais-je prétendre que je devenais une meilleure personne, ma meilleure version en blessant les autres pour ma satisfaction personnelle ?

N’y avait-il pas un choix plus élevé pour vivre bien ensemble ? Lorsque j’ai accepté et compris cette illusion de la comparaison et du jugement, alors la véritable grandeur humaine est entrée dans mon esprit par choix conscient et non par croyance imposée de force par les autres.

Comment ma réaction de juger les gens est entrée en existence sans m’en rendre compte ?

En vérité, depuis ma naissance, j’avais été conditionné à vivre dans la peur, la peur d’être jugé, être ridiculisé et être étiqueté comme une mauvaise personne, un perdant, un moins que rien aux yeux des autres.

Même aujourd’hui, j’ai encore du chemin à parcourir pour me libérer de la peur du jugement des autres et quelque fois, je me vois en train de me comparer et de juger. Mais si je ne suis pas conscient que la comparaison donne naissance au jugement, et que le jugement tue l’amour de soi et des autres, alors je vais croire à tort, qu’il existe des gens supérieurs et des gens inférieurs. Est-ce que j’étais devenu une image à protéger, une apparence corporelle, et non un être conscient doté d’une intelligence créative dans les relations ?

Pourquoi me comparer avec les autres si cela ne me permet pas d’être une meilleure personne ?

J’ai cru, comme presque tout le monde, que ma valeur humaine se mesurait selon le regard des autres, selon la comparaison avec eux et ainsi vivre en dépendant de ce regard appréciateur, cette reconnaissance, cet applaudissement, cette adulation.

Quelle grande satisfaction que de me sentir meilleur ou supérieur aux autres avec des biens accumulés, des gains obtenus, mon self-éducation prestigieux , mon pouvoir pragmatique ou mes performances physiques !

Certes, il est bien d’être reconnu et apprécié des gens, mais lorsque cela devient un besoin inconscient et non une préférence consciente, alors tout se transforme en peur. Donc, plus il y avait de gens qui nourrissaient ma valeur personnelle, plus ma dépendance envers leur regard augmentait et plus je me croyais être une meilleure personne, quelqu’un de supérieur, d’évolué, d’important !

Cependant, toute dépendance est néfaste dans les relations, peu importe si je suis riche ou pauvre, éduqué ou non, car si je n’obtiens pas ce que je veux des autres, alors je crains la perte et ma réaction est de juger les gens afin de les abaisser pour m’élever sur eux.

Cette mesure ou ce résultat démontrait ma valeur matérielle ou corporelle, non ma valeur humaine, donc mon image individuelle de supériorité par rapport aux autres dans le monde physique.
Avais-je oublié qu’il existait des accomplissements relationnels, non uniquement des accomplissements personnels, car je croyais être un corps et non une âme ?

Suis-je un corps ou une âme avec un corps ?

En vérité, si je crois être un corps, alors cette mesure ou ce résultat est valable selon ce que j’ai pour donner plus de valeur à mon image individuelle, mon ego. Mais si je crois être une âme qui possède un corps, alors la mesure valable est selon ce que je suis comme créateur en donnant plus de valeur aux comportements qui causent des sentiments de bien à moi et aux autres, donc notre âme, notre unité.

Par conséquent, la comparaison et le jugement n’augmentent pas ma valeur en tant qu’être humain, mais ne fait qu’oublier qui je suis et qui sont les autres, car un sentiment d’être ne se mesure pas par les apparences, il fait du bien ou il fait du mal à l’âme dans une relation. Oublier cela, c’est ne pas évoluer en tant qu’être humain.

La comparaison et le jugement produisent l’oubli de qui je suis et qui sont les autres. La réalité que j’observe n’est pas la seule réalité qui existe, il y a toujours une réalité plus grande qui est infinie (et même plus petite qui est infinie).

Est-ce que mon index est meilleur que mon pouce ?

Je me voyais comme des corps séparés des autres, mais je n’étais pas conscient qu’il y avait une réalité plus grande, que nous étions une main avec des doigts ou des caractéristiques différentes de la même main. Et même cette main faisait partie d’une réalité encore plus grande.
C’est la comparaison et le jugement qui m’empêchaient de voir l’existence d’une réalité plus grande de qui je suis et qui sont les autres.

Ainsi, je vivais en voulant prouver que j’étais meilleur que les autres, que l’index était meilleur que le pouce en comparant, en jugeant sans cesse et par habitude inconsciente. Je blessais les autres doigts de ma main sans être conscient que ces doigts faisaient partie de la même main, donc je me blessais sans m’en rendre compte.

En fait, rien ne pouvais évoluer, car je ne partais pas d’un état d’être conscient de mon unité avec les gens, mais d’un état de division, de séparation, de meilleur que, de plus que. J’oubliais l’amour et la justice, qui étaient des états d’être en relation avec les autres avant de faire quelque chose .
Cette comparaison me poussait à vouloir être meilleur que les autres et je réagissais en les jugeant pour prouver ma valeur individuelle et me sentir bien, peu importe les sentiments d’être des autres.

J’avais oublié d’être aimable et juste avec les autres, car l’amour et la justice ne sont pas une chose personnelle, mais une chose relationnelle . Un sentiment de bien à moi et aux autres, non uniquement le mien. La comparaison avec moi-même fonctionne pour augmenter ma valeur personnelle !

Comment savoir si je deviens ma meilleure version ?

La peur du jugement faisait partie de mes profondes croyances inconscientes et j’y résistais, je lui redonnais de plus en plus de force en affirmant que je n’avais pas peur du jugement des autres. Cela a créé en moi, une habitude de juger les gens et être arrogant, intolérant, vaniteux. Alors que la véritable valeur humaine est la valeur relationnelle, donc moi et l’autre.

Pas étonnant que je vivais sans avoir de but relationnel, mais uniquement personnel. En d’autres termes, je me mesurais avec le monde extérieur, donc les apparences ou les images, au lieu de mon monde intérieur, donc les vérités des sentiments d’être.

En me comparant avec moi-même de façon consciente et intentionnelle, non de façon inconsciente et réactive en me comparant avec les autres, je me rends compte que la comparaison et le jugement deviennent des distractions qui nous éloignent de nos choix conscients et de nos buts ou intentions à réaliser.

Berkiss DADJE est auteur, coach et Content Marketing Manager à The H&C GROUP. il est l’auteur du livre “De l’intention à l’action perpétuelle”.

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