La loi des 2 A pour les leaders

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Imaginez un homme abattu et en pleine dépression et qui pense qu’il est un vrai échec, qu’il n’est plus capable de réaliser rien de bon dans sa vie. Vous êtes un leader et voyez en lui du potentiel. Vous savez que, contrairement à ce qu’il pense, il peut encore réaliser des exploits. Pendant ce temps, vous n’êtes pas totalement en phase avec la manière dont il mène sa vie encore moins avec ses négligences et ses incapacités caractérisées par des résultats qui ne vous plaisent pas vraiment.

En tant que leader, nous sommes appelés à plusieurs reprises à gérer des cas pareils. Parfois nous sommes le cas nous-même. Il y a ici un moment de vérité qui lorsqu’il est bien géré permet de manifester votre leadership. Que fait-on lorsqu’on est obligé de produire du résultat avec des gens qui ont démontré jusque-là 100% de carence et ont ce petit 1% de potentiel d’expression efficace en eux? Les leaders les meilleurs appliquent la loi des 2A.

La règle d’or de la motivation

Nous sommes tous d’accord que pour motiver les gens, il n’y a rien de meilleur que de leur dire : « J’ai totalement confiance à tes capacités à relever le défi et tu as tout mon soutien ». Imaginez un homme, un ami, un collaborateur, un enfant ou un parent qui a de l’admiration pour vous et qui entend cela. Il va dire quoi? « Ah? Moi qui pensais que j’étais… ». Et vous lui répondez : « Tu n’es pas un échec. Je t’ai vu réaliser des choses extraordinaires et je te vois encore capable de battre des records. Mieux le présent est le moment où il faut se lever et agir. Le futur est intact et attend ton action pour lui donner forme ». L’envie de se lever et de se battre pour son brillant avenir va-t-elle commencer à germer en lui? En général oui.

Maintenant, le problème, c’est que nous laissons les gens sombrer avant d’appliquer cette magnifique règle d’or de la motivation. Nous ne devons pas attendre pour dire et faire entendre aux gens qu’ils sont « quelqu’un de bien ». Il y a toujours ce 1% de qualité et de potentiel que nous pouvons à chaque fois et chaque jour dénicher, constater, révéler, faire croître chez les gens. C’est ici que les leaders excellent dans la pratique du premier A : Affection.

Manifester de l’affection est le point de départ pour diriger les gens.

Vous savez maintenant de John C. Maxwell que « les leaders touchent le cœur avec de commander les bras ». Leur méthode numéro 1 de connexion avec les autres, c’est la pratique constante de l’affection. Rien ne fait autant de bien aux gens que le fait de se sentir aimer et d’entendre dire qu’ils ont quelque chose en eux qui peut produire du résultat, qui peut impacter. Nous sommes pressés de dire aux gens ce qui ne va pas dans les résultats qu’ils nous produisent. Mais nous oublions qu’ils ne peuvent pas nous ouvrir leur cœur si nous leur « cassons » à chaque fois « la gueule ». Comme on dit en Côte d’Ivoire : « L’amour, c’est pas forcé ». Nous ne pouvons pas avoir le cœur encore moins l’oreille des gens si nous ne leur ouvrons pas notre cœur, si nous ne leur manifestons pas notre amitié. Il parait que les gens sont toujours bienveillants lorsqu’on est bienveillant envers eux. Et les leaders les meilleurs savent que la meilleure façon de manifester de l’affection envers les gens, c’est de leur dire clairement qu’ils comptent et qu’ils ont quelque chose d’utile en eux.

Vous vous rappelez la dernière fois où vous avez dit à vos collaborateurs, à votre conjoint (e) ou enfant : « Vous foutez rien ici! » ? Vous avez eu envie sur l’instant de les foutre à la porte et d’en finir avec eux. N’est-ce pas? Eux-aussi ont eu sur l’instant l’impression que c’est cassé entre vous deux et qu’il n’y a plus rien qui vous unirait. Ils ont eu le sentiment que vous ne savez pas ce qui leur arrive, de quoi ils sont capables et pourraient réaliser avec vous si seulement vous pouviez les regarder, les considérer, les accepter avec leurs poussières pour découvrir le petit diamant qu’ils ont en eux. Les leaders les meilleurs ne ratent pas l’opportunité de dire tous les jours aux gens qu’ils ont ce diamant en eux malgré tout. Vous avez une mine de diamant en vous, c’est pour cela que vous réalisez des choses extraordinaires. Imaginez si vous savez déceler le petit diamant qu’il y a dans chaque personne que vous rencontrez pour ensuite l’utiliser? Vous aurez une exploitation diamantifère. C’est ainsi que les grands leaders réalisent de grandes choses. Ils prennent ce petit peu chez chaque personne pour une aventure commune et des gens insignifiants finissent par se donner un nouvel espoir, un nouvel avenir, une nouvelle vie. Si la pratique du leadership visionnaire devrait se résumer à une chose, ce devrait être celle-là.

De l’affirmation pour produire du résultat

Vous savez maintenant que la meilleure manière d’amener les gens à se connecter avec vous, c’est de leur dire ce qu’ils veulent entendre. Tous les garçons adroits savent dire aux filles ce qu’elles veulent entendre et les scotchent. Mais on ne réussit pas un mariage en se disant seulement des choses qu’on veut entendre. A la rigueur, c’est de l’hypocrisie. Faut-il accepter l’autre tel qu’il est ? Oui ! Faut-il le laisser continuer de produire des niveaux de résultats moindre que ceux qu’il peut produire? Non. C’est ici que les leaders utilisent le deuxième A : Affirmation. Pour produire du résultat avec les gens, vous devez leur dire ce qu’ils doivent entendre.

Certains processus doivent être conduits d’une certaine manière précise (dans un état d’esprit précis) pour donner du résultat. Non? Ce n’est pas parce que vous aimez ce collaborateur que vous allez le laisser continuer d’avoir ces attitudes qui l’empêchent de réaliser pleinement le potentiel que vous avez décelé en lui. Autrement, vous ne faites pas votre travail de leader. Tout en prenant le soin de pratiquer à fond l’affection et ayant marqué des points positifs et conquis le cœur de leur interlocuteur, les meilleurs leaders  savent retourner le voir, lui plaçant la main sur l’épaule avec ce sourire radieux pour leur rappeler et leur manifester à nouveau leur affection, ils lui disent d’un air sérieux : « Il faut qu’on se parle ».

Rien que ça, déclenche le processus de remise en cause en lui. Une fois qu’ils l’ont en fasse, les leaders meilleurs rappellent leur affection et affirment leurs attentes de meilleurs résultats : « Christian, tu sais que j’ai de l’affection pour toi. J’apprécie le travail que tu fais ici et mon job est de t’aider à réaliser ton plein potentiel…A produire plus. Cela suppose que tu puisses savoir toi-même la façon dont tu devras procéder. Pour ce qui me concerne, si je dois donner mon avis, il va être difficile de pouvoir [Énoncer l’objectif] en continuant de [Dire l’attitude inadéquat]. Tu verras comment tu procéderas pour améliorer les résultats. Mais je tiens à avoir de meilleurs résultats de toi pour ce qui est de [Rappeler le domaine d’action]. C’est vraiment important pour moi et je pense que je peux compter sur toi. Non? …Tu as tout mon soutien ».

OK. Je sais que la plupart des managers n’ont pas tout ce temps. Ils veulent y aller vite. Ils veulent taper du poing sur la table et font du tapage comme s’ils apprécient lorsqu’on leur crie dessus, comme s’ils produisent durablement du résultat dans un contexte où on leur manque de considération et de respect. Un jour je confiais à un manager : « J’adore quand vous faites trembler vos collaborateurs et ils s’exécutent aussi rapidement. Et surtout vous devez le refaire à chaque fois. Ce qui est dommage. Il doit y avoir une méthode plus durable. Cherchez-la, vous allez la trouver ». La méthode durable, c’est la loi de l’affection (toucher le cœur) et de l’affirmation (commander les bras). Ça prend plus de temps, pour être efficace (parce que c’est de la transformation) mais une fois la transformation terminé, vous avez fabriquer un leader. Rappelez-vous que le but ultime du leadership, c’est de développer des leaders qui réalisent et perpétuent la vision.

Par Hermann H. CAKPO

Hermann H. CAKPO

Herman H. CAKPO est auteur, coach et co-fondateur de The H&C Group, une entreprise de formation et de coaching basée au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Togo, au Sénégal, au Gabon et prochainement au Niger, Cameroun et en Guinée. Il a déjà écrit et publié plus de 30 livres.

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