Les 10 pièges du « Je suis arrivé »

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Il n’y a rien de plus réconfortant que de se fixer un objectif, de donner le meilleur de soi-même, de se battre vraiment et de finir par y arriver. Ce n’est pas mal faire en ces moments de consécration que de réajuster sa cravate ou d’essuyer ses larmes de joie (se rappelant tout ce que l’on a pu subir) et de vivre profondément le soulagement et l’excitation spontanément orchestrés par la réalité que vous avez franchi un cap. Mais seulement un cap. Ce n’est qu’un cap. Et justement c’est ce petit détail que la plupart des gens oublient lorsqu’ils pensent qu’ils sont « arrivés ».

1.       Ils oublient qu’ils n’ont atteint que l’horizon qu’ils ont vu

Pour avoir fixé des objectifs et les avoir atteints, j’ai définitivement compris que chaque résultat n’est qu’un cap. Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ? Rien de plus vrai. C’est pour cela qu’il est toujours plus orientant d’avoir des objectifs clairs et d’avancer dans la droite ligne de ce qu’on a prévu de faire. S’il y a une chose qui permette à l’homme de réaliser des niveaux de résultat extraordinaire, c’est sa capacité à se concentrer sur un objectif, un cap, un but et de travailler constamment à l’atteindre. Vous aurez la promotion que vous recherchez si vous vous concentrez vraiment là-dessus. Vous allez avoir ce diplôme, ce mariage, cette voiture, cette maison, ce prix et vous allez créer cette entreprise si vous vous concentrez vraiment dessus. Mais n’oubliez pas de lever la tête. Parce que lorsque vous y serez, vous verrez bien qu’il y a toujours un horizon derrière le premier horizon que vous avez perçu. C’est comme si on n’y est jamais arrivé. En réalité, on y arrive toujours mais on n’est jamais arrivé parce que l’horizon a la manie de se déplacer. Si vous ne levez pas la tête pour le constater, vous vous contentez facilement de là où vous êtes arrivé. Et ce ne sera que de la myopie. Il faut savoir « garder un œil sur le détail et un œil sur l’horizon ».

2.       Ils ne savent pas c’est quoi la prochaine étape

J’ai appris et vis le fait que les gens meilleurs changent et s’améliorent avant d’être obligés par les circonstances et les facteurs extérieurs à changer et à s’améliorer. C’est la loi de l’anticipation. Mais comment est-ce qu’ils y arrivent ? Ils savent c’est quoi la prochaine étape avant même d’être arrivés là où ils vont. Si vous pouvez définir à chaque fois quelle est l’étape suivante après l’étape suivante, vous n’allez jamais végéter dans ces célébrations transformées en mode de vie qui vous font croire que vous n’avez plus aucun effort à faire et que vous êtes à votre retraite alors que vous n’êtes qu’au début de ce que vous pouvez faire de brillant dans votre carrière. Steve Jobs avait déjà été diagnostiqué d’un cancer avant de nous offrir le Iphone et le Ipad. Ces gens-là n’ont jamais le sentiment d’être arrivés. Il savait c’est quoi la prochaine étape. Pour lui c’était la mort mais il s’est créé plusieurs étapes dans l’innovation technologique avant sa mort. Il en a sorti pas mal. Vous utilisez l’une des merveilles de Steve Jobs ? Alors n’oubliez pas de vous demander à chaque fois : « C’est quoi l’étape suivante après la prochaine étape ? ».

3.       Ils ont contracté la maladie de la destination sans le savoir

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Vous avez le désir ardent d’aboutir à un point donné. Vous avez travaillé à y arriver. Bravo ! Pensez-vous que vous y êtes arrivés vraiment ? Parfait ! Mais il ne faut pas tomber dans le piège de la destination. Il n’y a pas de destination à atteindre. Il n’y a pas un point où il faut arriver. Il y a un potentiel à développer. Si vous ne faites que ce que vous pensez pouvoir faire ou ne jubilez qu’avec ce que vous avez pu réaliser, vous injuriez votre potentiel. C’est rompre l’élan de son potentiel que de penser être arrivé quelque part. Il est illimité votre potentiel. Je dirai  même qu’il est élastique. Il n’y a pas de limite à ce que vous pouvez réaliser à part les limites que vous vous mettez vous-même. Si vous pensez qu’il y a quelque part où vous serez et puis ça y est, il sera votre destination, peut-être votre destination finale. Qu’est-ce que vous y faites ? Vous y mourrez. Or tant qu’il y a la vie, il y a toujours l’espoir d’un plus grand progrès.

4.       Ils oublient qu’ils ont atteint un ancien objectif

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Imaginons vous vous finissez par atteindre au bout de 3 ou 5 ans un objectif que vous vous êtes fixé donc 3 ou 5 ans plutôt. Lorsque vous finissez par atteindre cet objectif au bout de cette durée, vous n’avez pas atteint l’objectif d’aujourd’hui. Vous avez atteint un objectif de il y a 3 ou 5 ans. Ça ressemble à de la désillusion ça ! Pas vraiment. Le problème, c’est que si vous désirez une voiture qui vient de sortir et finissez par l’acquérir au bout de 18 mois, il faut être aveugle pour ne pas désirer une meilleure voiture, parce qu’il y a de fortes chances que de meilleures voitures soient sorties entre temps. Parce qu’ils ont peur de voir vivre cette désillusion, beaucoup de gens se concentrent sur leurs réalisations. C’est comme cet ami à moi qui jubilait après avoir acheté un modèle de RAV4 devenu « ancien ». « J’ai réussi » me confia-t-il. J’ai pris le soin de le féliciter avant de lui demander : « Alors, quel est ton nouvel objectif ? ». Il était surpris : « Oui ton nouvel objectif, parce que celui-là était ton objectif de il y a 4 ans. Il y a deux nouveaux modèles de RAV4 qui sont sortis entre temps », avais-je repris. « Oui je vois Hermann, tu as raison. Nous sommes contents mais nous ne nous en contentons pas ». Voilà.

5.       Ils oublient que la concentration est une autre distraction

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Lorsque vous vous concentrez sur un objectif pour l’atteindre (c’est d’ailleurs la façon la plus rapide d’y arriver), vous vous distrayez consciemment ou inconsciemment des autres objectifs à atteindre. Il y a des gens qui se distraient délibérément de l’objectif « Famille &Loisirs » par exemple, le temps de finir leurs études et d’asseoir leur carrière. Dans la passion enivrante de la consécration professionnelle, ils oublient très vite qu’ils ont une famille à bâtir. Et lorsqu’on ne fait pas très attention ici, on finit par conclure que « se marier, fonder une famille n’est pas si important que ça ! ». Il semble bien c’est un piège ! Un vrai piège sachant que « tout est relatif » !

6.       Ils pensent que tout est relatif mais oublient qu’ils n’ont atteint que des objectifs relatifs

Un jour, alors que je faisais mon grand déballage de formateur devant des chefs d’entreprise, les exhortant à élaborer un plan précis pour développer leurs entreprises, un participant prit la parole et tenta de me désarçonner. Voici ce qu’il avait lâché : « Tout le monde ne rêve pas de créer une grande entreprise. Il y a des gens qui veulent bien se concentrer sur ce qu’ils ont pu faire. Ils ne sont pas obligés de suivre votre élan expansionniste. Vous savez dans la vie, tout est relatif ». Oui, effectivement ! Il a parfaitement raison. Dans la vie tout est relatif. Et justement tout objectif que vous atteignez est relatif. Il est relatif par rapport à ce que vous êtes en mesure d’atteindre.

7.       Ils jouent aux héro locaux

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Alors qu’on venait de donner les résultats de l’élection Miss de mon lycée, une amie du quartier qui était candidate n’a pu occuper que la 9 è place sur les 12 candidates. Elle était complètement déchirée par la réalité qu’elle n’était pas la plus belle fille du Lycée. Je la pris avec moi pour la consoler (certainement). Devrais-je lui dire que c’est la dure réalité ? Non. Devrais-je lui dire qu’elle était la plus belle ? Non plus ! Je finis par trouvai la passe : « Chaque village a sa Miss. Ici, c’est elle qui est la Miss. Au quartier, c’est toi la Miss. Toutes les candidates qui sont venues après la Miss sont des Miss dans leurs quartiers, sur leurs paroisses, dans leurs familles. Toi aussi tu es une Miss. Ok ? ». Si vous pensez que vous êtes arrivés et tombez dans le piège de jouer au héro local ou national, n’oubliez pas de vous poser ces questions qu’un ami et moi aimons reprendre. « Nous avons réussi ? C’est super ! Mais nous avons réussi quoi ? Par rapport à quoi ? Et par rapport à qui ? ». Quand il est question de travailler à y arriver, n’arrêtez pas de viser la Classe Internationale.

8.       Ils refusent d’admettre que les choses ne sont pas comme ils l’ont pensé

Je connais beaucoup de gens qui se sont battus pour arriver là où ils sont arrivés. Quand je les vois jouir de leurs nouveaux privilèges, j’ai tendance à admettre avec eux qu’ils sont vraiment arrivés. Mais quand je les entends parler de leur propre bouche, je me rends compte, sans m’en désoler, de ce que les choses ne sont pas aussi excitantes qu’ils le croyaient. Peut-être qu’ils ont cru à un moment donné que ce serait facile. Ce qui est normal, puisqu’ils pensaient avoir fait le plus dur. Je disais à un manager que je coachais : « Merci de m’avoir fait appel pour élever votre niveau de leadership avec vous. Mais savez-vous le problème que nous avons à résoudre ? ». « Par vraiment », répondit-il. Je lui confiai donc après plusieurs autres questions. : « Nous allons résoudre le problème que vous n’aviez pas à résoudre avant d’être promu ».  Vous ne vivrez pas les problèmes de là où vous arrivez avant d’y arriver. C’est une fois que vous arrivez que vous les vivez. C’est alors que vous comprenez que vous y êtes mais qu’il va falloir se battre pour y rester et éventuellement aller plus loin.

9.       Ils oublient que c’est maintenant que le plus dur commence

Je me rappelle encore ces paroles de Ange Rajoel, maintenant ancien Président de Madagascar, juste après qu’on lui a fait porter le manteau présidentiel : « Maintenant, vous pouvez m’appeler Monsieur le Président ». La consécration totale ? Mais le plus dur venait de commencer. Ceux qui ont fait du chemin savent que les sagesses qui vous ont amenés là où vous êtes arrivés ne sont jamais suffisantes ni pour y rester ni pour aller plus loin. Au fur et à mesure que vous allez atteindre des caps supérieurs, vos niveaux de problèmes vont s’élever – bien sûr – sans prendre votre avis. Il est de votre responsabilité d’élaborer un plan de croissance intentionnelle, soit pour vous préparer ou pour mieux faire face aux défis de là où vous êtes arrivés ou aspirez arriver.

10.   Ils mènent une vie de balafon

J’ai introduit le concept de vie de balafon au cours d’un séminaire que nous animions sur la gestion du temps. J’ai essayé de jouer au balafon, je n’ai pas réussi. Et je me suis rendu compte que contrairement à une orgue, je ne pouvais pas savoir où se trouvaient les notes. Et puis cette surface oblique me désorientait encore plus. Des graves vers les aiguës, pas facile. C’est alors que je me suis rendu compte de ce que nos vies ressemblent à du balafon et que c’est pour cela que nous avons du mal à les mettre en rythme parfait. C’est quoi une vie de balafon ? La carrière et l’argent en moyenne à 78/100 mais au fur et à mesure qu’on tend vers « Famille & loisirs », « Santé & Bien-être », « Force de caractère », « Relations avec les autres », « Croissance personnelle & spirituelle », « Engagement citoyen », « Etat d’esprit & Mentalité de l’abondance »…,  le relief devient très accidenté. Au lieu de dire « Dans la vie, on ne peut pas tout avoir », il vaut mieux constater froidement qu’on n’y est pas arrivé autant qu’on le prétend, élaborer un plan de croissance systématisée et intégrée dans chaque domaine en souffrance et se mettre au travail pour produire du résultat, exactement comme on a pu le faire dans les domaines on excelle actuellement. Nous avons à prendre en charge notre vie. Le contraire n’est que désaveu personnel.

Par Hermann H. CAKPO

Hermann H. CAKPO

Herman H. CAKPO est auteur, coach et co-fondateur de The H&C Group, une entreprise de formation et de coaching basée au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Togo, au Sénégal, au Gabon et prochainement au Niger, Cameroun et en Guinée. Il a déjà écrit et publié plus de 30 livres

Comments

  1. SENDIMA Répondre

    Pourras t-on avoir une conversation sur hang out ou un autre système de tchat avec vous?

    • Hermann CAKPO Répondre

      Bonjour M. SENDIMA. On peut s’écrire inbox. Mon email h.cakpo@hcbusiness.com . Je reste à votre disposition. Hermann

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